La petite histoire d'un hôpital ordinaire dans un pays malade de la crise



Notre hosto malade de la crise

 

 Avec plus de 1000 lits dont une moitiéen secteur personnes âges, l'hôpital emploie plus de 1400 salarié àtemps plein ou partiel, avec stabilitéd'emploi ou non.  La majorité s'estime mal rétribuée avec des déroulements de carrière qui peuvent les laisser juste à quelques dizaines d'euros au dessus du Smic après des décennies de travail.

 

Avec un coût des soins dans le privé souvent hors de portée et unemédecine de ville incapable de répondre àtoutesles attentes du public, les patients affluent toujours plus nombreux à l'hôpital public. Celui ci voit son activitémédicaleaugmenter, que se soit pour les consultations , les hospitalisations et l'activitéde soins et d'hébergement des personnes dépendantes de manière constante depuis des années. Les personnes demandeuses de  soins ont confiance dans les prestations offertes même si elles manquent de fluidité.

 

Trop àl'étroit pour prendre soins correctement des usagers , l'hôpital  a du s'agrandir: ouverture de l'IRM en GIEà 50% public et 50 % privé ( groupement inter établissement ), transfert des180 lits de maison de retraite de Chalette sur Amilly, ouverture des lits de psychiatrie en hospi complète, d'un centre d'accueil 12 places d'hospi Psy de jour,agrandissement de la réanimation , multiples opérations-tiroir pour soignerles patients de salle d'urgence, du service porte et de post réa . achèvement dans les 2 ans des bâtiments faisant face la salle d'urgence oùseront ouverts un service de gériatriele G30 , plus une surface administrative et logistiqueet la nouvelle stérilisation , etc.

Cela a occasionnébeaucoup de déménagements et de réorganisations initiées sans les moyens adaptés ... et cela n'a pas l'air d'être fini.

 

Autant dire que les motifs de conflits et lesdifficultés ont fleuri durant ces dernières années.

  Au côté des agents, les représentants CGT ont porté les revendications , dénonçant les travers que prenait la direction pour ficeler les budgets en cherchant à opérerdes économies sur le dos du personnel. 

     Ainsi c'est particulièrement sur les effectifs des EHPAD et des USLD que celle-ci a produit des excédents scandaleux pendant des années. Ceux ci correspondaient en 2006 àla suppression de plus de 30 postes temps pleins annualisés toutes charges comprises.

On comprend pourquoi un tiers des aide-soignantes finit avec des troubles musculo-squelettiques handicapants !

      Plus la ficelle est grosse , plus elle donne envie de recommencer et la combine se répète tous les anssur tous les secteurs. Il s'agit de détournerune partie de l'argent prévu pour les effectifs afinfinancer des pans de construction etd'investissement en matériel que l’État rechigne à créditer.

Ainsiles pools de remplacements ont étéasséchés jusqu’à imposer des ratios en dessous du minimum sécurité et des rythmes de travail dangereux.

 

Nous avons accompagnéslesnombreux cas oùles équipes ont refuséde travailler en sous-effectif, de rogner sur leur repos, de voir leur balances horaires gonfler comme baudruche. 

Les relations entre cadres et agents se sont parfois tendues jusqu'àdes conflits ouverts ou des coups tordus.

Défendre des agents en partie individuellement ou un niveau d'équipe a éténotre lot presque chaque semaine pour faire reconnaitreet respecter leur droit statutaire et la règlementation sur le temps de travail.

Dans ces mêlées, notre équipe syndicale a consacré la majeure partie de son temps à épauler les équipesen difficulté et à talonner la direction qui nie ou minimise souvent l'importance si ce n'est la réalité des problèmes

Nous avons toujours recherché avec les agents la détermination de faire avancer les choses ensemble.

 

Dans des défenses individuelles nous avons vu la hiérarchie se reprendre sur  la qualification des griefsreprochés initialement àun agent ainsi que sur la portée des sanctions envisagées.

Le travail syndical recherche le respect de la dignitédes agents.

 

Avec des directions qui se sont laissées aller à traiter certains chapitres de l'hygiènehospitalière par dessus la jambe, nousavonségalementdu intervenirpour dénoncer les conditions de travail honteusesimposées aux agents de nettoyage de surfacesemployés par des sociétéssous-traitées sous contratprivé.

Si nous avons obtenu que la direction du CHAM, donneur d'ordre,fasse trois pas en arrière en relevant le niveau de leur prestation en 2010, cela ne l'a pas empêché lors del'ouverture de La Cerisaie de profiter des réorganisations pour refaire rimer  économie et incurie.

C'est en toute saisonqu'il faut stopperleur manie tenace d'exploiter à tout va celles et ceux qui au bout du compte sont considérés comme des employés de seconde zone !

Arrêtons de faire rimer sous-traitance avec maltraitance !

 

La CGT a pris toute sa part dans le mouvement sur les retraites. Si nous sommes déçus de ne pas avoir réussi àemmener assez de collègues pourpeser suffisamment dans le rapport de forceau début 2011, nous savons que le combat continuera avec peut être encore plus de salariés mécontents des coups portés par les réformes successives. 

Avec sa Réforme de la Santé, le gouvernement veut imposer des efforts supplémentairesavec pénurie de moyens pour les salariés et couverture sociale àdeux vitesses pour les usagers.

Il est urgent non seulement de défendre nos emplois  mais encore de créer des emplois partout oùles besoins de Santépublique font défaut: dans les secteurs de personnes âges, dans les domaines de la préventionetde l'éducationde la santé auprès despopulations à risque ou en fragilitépsychosociale.

Pour cela il faut des équipes de soinsrenforcées, mais aussi plus de postes logistiques et d'entretien, plus d'emplois administratifs et d'accueil pour que cet appareil complexe qu'est un hôpital tourne sans se gripper.

Il faut arrêter de créer du stress professionnel, la fuite des compétences et les démissions des personnels hospitaliers.

De leur côtéles patients se sentent de plus en plus rejetés des circuits de soins publics à cause des délais et des coûts qui augmententsoins( forfait journalier, franchises médicales, déremboursements, etc ). Ils appréhendent parfois avec raison un risque accru de défaut de soins, les risques nosocomiaux, ou ce que le ministre ose dénoncer comme la Maltraitance individuelle quand il veut se défausser de sa propre responsabilitéd'organiser la pénurie d'effectifsquasi permanente et desmoyens de formation continue.

 

 Du médecin au standardiste, en passant par les gens des labo, les secrétariats, les soignants et les agents des postes logistiques,qui mieux que nous même,sait mieux dire les moyens nécessaires pour répondre aux besoins des patients ?

 

Il ne manque ni de jeunes qui ont envie de travailler ni de gens qui ont une expérience de vie ou des compétences inexploitées  sur le marchédu travail.

 

Ce qui manque c'est l'objectif et la détermination de mettre toutes les richesses de la sociétéau service des besoins élémentaires de la population : le Logement , l’Éducation, la Culture, la Santéet les Loisirs .

C'est à nous qu'il incombera en grande partie de définir ces priorités et ces moyens. Comme il nous revient de clamer l'insuffisance de nos salaires.

 

La CGT vous invite venir rejoindre toutes les actions de revendication sur ces chapitres essentiels pourune sociétéjuste et ambitieuse du bien-être de chacun.